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L'assurance du prêt immobilier

Publié le 23 septembre 2016Mis à jour le 13 octobre 2026

Lorsque vous souscrivez un prêt immobilier, la banque vous demande généralement de vous assurer pendant la durée du crédit. Vous pouvez accepter le contrat qu’elle vous propose ou vous adresser à un autre assureur. Dans tous les cas, ne négligez pas cette étape ! L’assurance est là pour vous protéger en cas de coup dur.

Assurance de la banque ou assurance individuelle ?

Aucune loi n’impose l’assurance emprunteur, mais en pratique les banques l’exigent presque toujours. Elle prend le relais du remboursement lorsqu’un événement prévu au contrat survient, en prenant en charge tout ou partie des mensualités ou du capital restant dû. Les prêts aidés sont également concernés, notamment le prêt accession d’Action Logement.

Deux options s’offrent à vous :

  • Le contrat de groupe proposé par votre banque.
  • La délégation d’assurance : vous choisissez un contrat auprès d’un autre assureur. Il doit offrir un niveau de garanties au moins équivalent à celui exigé par la banque.

Vous pouvez présenter votre contrat individuel avant la signature de l’offre de prêt. La banque ne peut pas augmenter le taux du crédit ou les frais de dossier parce que vous choisissez une autre assurance.

Déjà assuré ? Vous pouvez changer de contrat

Depuis la loi Lemoine de 2022, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais de résiliation ni de substitution et sans attendre une date anniversaire. Le nouveau contrat doit offrir un niveau de garanties équivalent à celui demandé par votre banque.

Adressez-lui le contrat et les pièces demandées : elle dispose de 10 jours ouvrés après réception d’un dossier complet pour vous répondre. Si elle refuse, elle doit expliquer pourquoi et préciser les éventuelles informations ou garanties manquantes.

Attendez son accord avant de mettre fin à votre ancienne assurance. Vérifiez ensuite les dates des deux contrats pour qu’ils se succèdent sans interruption de couverture.

Quelles garanties faut-il regarder ?

Le décès et la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA) font partie des principales garanties. Selon le contrat, l’assurance couvre aussi l’invalidité permanente et l’incapacité temporaire de travail. La perte d’emploi peut s’y ajouter, mais cette garantie reste facultative.

Pour l’incapacité de travail, regardez notamment ce que signifie « ne plus pouvoir travailler ». Un contrat peut vous couvrir si vous ne pouvez plus exercer votre métier, un autre seulement si vous êtes incapable d’exercer toute activité professionnelle. Ce n’est pas la même protection.

Vérifiez aussi après combien de jours d’arrêt l’assurance intervient et jusqu’à quel âge vous êtes couvert. Certaines pratiques sportives peuvent être exclues ; la prise en charge de certaines pathologies peut dépendre d’une hospitalisation. Ces conditions méritent autant d’attention que la liste des garanties.

Vous empruntez à deux ? Il faut également déterminer la part du prêt assurée pour chacun : c’est la quotité d’assurance.

Avec une couverture à 50 % chacun, en cas de décès de l’un de vous couvert par le contrat, l’assurance rembourse la moitié du capital restant dû. L’autre moitié reste à payer. À 100 % chacun, le capital restant dû est intégralement remboursé dans cette même situation. Pour choisir, demandez-vous ce que chacun pourrait continuer à rembourser seul, tout en respectant le niveau de couverture exigé par la banque.

Combien coûte une assurance emprunteur ?

Prenons une cotisation fixe de 50 € par mois : sur vingt ans, vous aurez payé 12 000 €. Un écart de 20 € par mois entre deux contrats, maintenu sur cette même durée, représente 4 800 €. Quelques euros sur la mensualité peuvent donc peser dans le budget final.

Votre âge, le montant et la durée du prêt, les garanties et la quotité choisies entrent dans le calcul du prix. Votre état de santé peut aussi compter lorsque l’assureur est autorisé à vous demander des informations médicales.

Ne comparez pas seulement la première cotisation. Certains contrats calculent les suivantes sur le capital emprunté au départ, d’autres sur le capital restant dû. Dans les deux cas, le montant payé peut varier au fil des années.

Regardez le coût sur les huit premières années et sur toute la durée du prêt : l’assureur doit vous communiquer les deux. Vous pensez revendre plus tôt ? Comparez aussi ce que chaque contrat vous coûterait jusqu’à cette date. Et si vous changez d’assurance en cours de crédit, faites le calcul sur la durée de remboursement restante, à niveau de couverture équivalent.

Quels documents regarder avant de choisir ?

La fiche standardisée d’information (FSI) présente les principales caractéristiques de l’assurance et une estimation de son coût. Vous la recevez dès la première simulation chiffrée d’assurance.

La fiche personnalisée détaille ce que votre banque exige : garanties, quotités et conditions de couverture. Gardez-la sous la main lorsque vous consultez d’autres assureurs ou un courtier. Elle leur permet de vous proposer un contrat qui répond à ces exigences.

La notice et les conditions particulières précisent ensuite ce que votre contrat couvre réellement. Une clause sur votre profession ou votre état de santé vous laisse dans le doute ? Demandez une explication écrite avant de signer. Vous devez savoir dans quelles situations l’assurance prendra le relais, et dans lesquelles elle n’interviendra pas.

Faut-il remplir un questionnaire médical ?

Pour les contrats relevant du Code des assurances, l’assureur ne peut vous demander ni questionnaire de santé ni examen médical lorsque ces deux conditions sont réunies :

  • la part assurée sur l’ensemble des crédits concernés ne dépasse pas 200 000 € par personne ;
  • le remboursement du nouveau prêt se termine avant votre 60ᵉ anniversaire.

Prenons un couple qui emprunte 400 000 €, avec une quotité de 50 % chacun. Chaque personne assure 200 000 €. Si aucun autre crédit assuré n’est à prendre en compte et que chacun termine de rembourser avant ses 60 ans, les deux conditions sont remplies. Ce n’est donc pas le seul montant du nouveau prêt qu’il faut regarder, mais la somme assurée pour chaque emprunteur, autres crédits compris.

Lorsque cette dispense ne s’applique pas, l’assureur peut demander un questionnaire et des examens complémentaires. Un problème de santé, actuel ou passé, ne ferme pas pour autant toute possibilité de s’assurer : la convention AERAS prévoit un examen spécifique des dossiers présentant un risque aggravé de santé. Elle n’oblige toutefois pas l’assureur à accepter la demande.

Vous avez eu un cancer ou une hépatite virale C ? Le droit à l’oubli permet de ne plus déclarer cet antécédent lorsque le protocole thérapeutique est terminé depuis plus de cinq ans, sans rechute, et que le contrat d’assurance prend fin avant votre 71ᵉ anniversaire. Si vous hésitez sur la date de fin du protocole ou sur ce qu’il faut déclarer, faites le point avec votre médecin.

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